Cité Ninja

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 Un peu de chaleur...

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Yuura
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MessageSujet: Un peu de chaleur...   Mer 29 Juil - 19:14

Un véritable blizzard s’abattait sur les terres glacées, et le flot de flocons blanc empêchait de voir les trois hommes qui s’avançaient avec pénibilité dans la tempête. Leurs pas étaient recouverts par la neige, à peine avaient ils bougés leurs pieds du sol. Il était fatigués, mais le vent glacial empêchait toute sensation, s’en était de même de leur odorat, leur nez rougis par la température extrême interdisait toute analyse olfactive. Ils voyageaient pourtant avec de lourdes capes, rembourrées, épaisse, mais mal conçues. L’un d’eux en tête tenait une boussole, alors que son camarade tenait entre ses gants une carte à l’épreuve de l’humidité, ils semblaient chercher quelque chose dans ce trou perdu, mais il semblait ne rien avoir à des kilomètres à la ronde. Ils prirent toutefois la direction indiquée, vers un rocher au loin, ils marchèrent pour arriver en face. Mais face à cela, on se rendait compte que le morceau de pierre était loin d’être naturel, c’était l’édifice des hommes, un morceau d’humanité dans cette nature sauvage. Une énorme porte de bois arrondie en haut leur faisait face, dessus on lisait ‘’La dernière étape’’ C’était le nom de cette auberge, étant la dernière étape habité avant le chemin sinueux qui menait au village caché de Yuki. Le premier homme, qui tenait la boussole, poussa la porte, qui grinça, et les trois hommes pénétrèrent dans l’établissement. Ils furent assaillit par la chaleur qui y régnait, ce fut comme une claque pour eux. Leur entrée fut remarquée par les quelques personnes qui étaient là, trois marcheurs, deux ninjas de Kiri, et le tavernier. Ils firent tomber leurs capuches, dévoilant leurs bandeaux frappés du symbole du village de Suna, immédiatement, les regards se firent méfiants, particulièrement du côté des ninjas. Tous avaient compris que la venue de Suna ici n’était pas une bonne nouvelle, il n’y avait pas de guerre ici, sauf s’ils l’amenaient avec eux. Les trois hommes ôtèrent leurs capes, dévoilant leur lourd armement, ils ne voyageaient jamais sans leur équipement de guerre, les ninjas de Yuki le savaient, et ne les défieraient pas pour cela, d’ailleurs, tout combat était inutile. Les ninjas arboraient des brassards verts avec le Kanji ‘’diplomates’’ inscrit en noir dessus, une mission diplomatique. S’en prendre à ces hommes c’était déclarer la guerre à Suna Gakure. De toute manière, personne ici ne pouvait faire le poids contre ces trois hommes, deux membres de l’Anbu, commandé par un homme jeune, à la barbichette, et mèche de cheveux récalcitrante qui retombait sur son visage. Cet homme était le ninja le plus puissant du village de Suna, le Kazekage en personne. Mais ici, personne ne connaissait son visage, Yuura n’était d’ailleurs jamais venu ici, c’était le seul endroit qu’il ne connaissait pas. Le seul pays où il n’avait jamais mit les pieds. Les trois se mirent assit, et commandèrent du saké chaud, et des ramens. Un des hommes prit la parole…

‘’ Il fait vraiment trop froid dans ce satané pays, je me demande comment ces gens font pour ne pas mourir de faim et de froid ! Il n’y a rien qui puisse vivre là dedans ! Pour rien au monde je ne quitterais le désert pour cet endroit ! ‘’

L’autre ninja approuva d’un hochement de tête, pendant ce temps, le tavernier amenait les bols de ramens, ainsi que la bouteille de saké chaud sur un plateau. Il commença à déposer uns à uns les bols, Yuura en profita pour répondre à son subordonné, d’un ton posé, celui de la discussion…

‘’ Ne sois pas si prompt à juger cet endroit et les gens qui le peuple, je trouve au contraire que les conditions de vies ressemblent beaucoup au notre. Leur froid vaux largement notre chaleur, et leur blizzard n’a rien à envier à nos tempêtes de sable. Et tout comme au désert, la vie se fait discrète mais s’est adapté. En fait, c’est l’endroit rêvé pour cacher un village, et le protéger contre les intrusions. Yuki est un village de moindre importance que Suna, de part sa taille, et de part sa position excentrée, il lui faut donc des moyens de défense naturels pour parfaire ses barrières. Cela permet à ce village de rester sereinement à l’écart de la guerre, qui d’autre peut s’en vanter ? Pas nous en tout cas ! ‘’



Et hop, remis en place ! Le ninja n’ajouta rien, Yuura se cacha la tête dans son bol pour esquisser un sourire, avant de prendre des nouilles avec ses baguettes, afin de se remplir l’estomac. La cuisine était copieuse, mais vraiment pas raffinée. Rien à voir avec les meilleurs restaurant du pays du vent ou du feu, qui même en temps de guerre, jouaient de malice pour cuisiner des plats vraiment époustouflants (va placer ce mot toi !). Il s’interrompit cependant, quelqu’un venait d’ouvrir la lourdes portes de bois, laissant entrer le froids, et le bruit du vent qui souffle dehors. La porte claqua. Les deux ninjas de Yuura fixaient le nouvel arrivant, tandis que lui, de dos, ne voyait absolument pas de qui il s’agissait. Les pas se firent lentement, Yuura cru reconnaître un parfum féminin qu’il avait déjà sentit, cela ne s’oubliait pas, le seul problème c’était de savoir qui ? Yuura devait se tromper, il se pouvait que ce soit n’importe qui il devenait parano… Il prit à nouveau ses baguettes, pour avaler une nouvelle bouchée de porc aux nouilles… Suivie d'une gorgée de saké chaud.

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Kyouran' Meikyuu
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MessageSujet: Re: Un peu de chaleur...   Jeu 30 Juil - 14:30

Dans le lointain, le tonnerre gronda, cette explosion mi-rire mi-frisson vous chatouillant à la base de la colonne vertébrale. Kyouran’ esquissa un faible sourire alors qu’elle imaginait ces éclairs de chaleur, ces spasmes nerveux, zébrant la voûte céleste, puis disparaissant avant qu’on ne puisse vraiment les voir. Le ciel devait être magnifique, marbré de nuages noirs, lourds, tumescents de colère comme des enveloppes de chair près d’éclater. Elle aurait souhaité pouvoir lui jeter un regard, puis se laisser charmer par le vertige de son immensité… Elle ne le fit pas. Elle avait autre chose à faire, un devoir à parfaire avant de se laisser voguer.

Lentement, la jeune femme retira son ninja-tô des entrailles de l’homme qu’elle avait empalé contre le mur. La lame noire glissa hors de son repaire avec un gargouillis sanglant qui s’échappa de la gorge de la victime. La mort avait à jamais figé son visage en une expression presque comique à voir, partagée entre l’étonnement et l’effroi. Pourtant, la jeune femme masquée dont on apercevait que les magnifiques yeux bleus striés de noir, n’eut pas l’oiseau sauvage à la bouche. Elle se contenta d’essuyer le tranchant de son sabre sur les habits de la fraîche dépouille, avant de pivoter sur ses talons. Et alors qu’elle traversait la salle à grandes enjambées pressées, un nouvel éclair, plus puissant que le précédent, explosa non loin, inondant les lieux d’une vive lumière blanche l’espace d’une ou deux secondes. Un flash bien court, mais suffisant pour révéler l’horreur macabre qui s’était emparée de la pièce. Des corps gisaient de-ci de-là sur le parquet proprement ciré de ce riche salon au style traditionnel. Il y en avait six, peut-être sept ou même bien huit, des cadavres sanguinolents aux positions affalées parfois étranges, disloquées. La plupart portaient l’habit modeste des serviteurs, seuls trois d’entre eux se distinguaient par la richesse des tissus de leurs vêtements. Il y avait une femme vêtue d’un élégant yukata fleuri dont le visage pâle avait du être beau avant qu’une affreuse plaie rouge ne le scinde en deux, un enfant d’une dizaine d’années au ventre percé, et enfin un homme aux cheveux et à la barbe grisonnante. Qui étaient-ils ? Une famille de petits bourgeois que les ambitions trop avides et audacieuses avaient mené à la perte. Plusieurs hauts dignitaires des finances du pays n’avaient pas vu d’un bon œil l’expansion de cette nouvelle fortune grandissante qui ne tarderait pas à leur faire de l’ombre, voir pire. Ils avaient donc décidé de faire appel aux assassins de Yuki pour régler leurs problèmes, et ainsi soit-il. La vie n’était pas aussi juste que certains voulaient le croire…

Avant de quitter les lieux, Kyouran’ s’assura de renverser le contenu d’une lampe à huile sur le sol de paille tressée, puis « d’échapper » une allumette, par inadvertance évidemment. Le combustible s’enflamma aussitôt, courant entre les tables basses en bois, les coussins rembourrés de coton, etc. La jeune femme avait à peine foulé la neige à la croûte craquante que la belle bâtisse de la famille Kawasa s’était déjà métamorphosée en une gigantesque torche illuminant le ciel noir. Elle ne se retourna pas pour admirer le spectacle ; la nuit tombait rapidement sur les contrées glaciales du pays et les blizzards pouvaient être mortels même pour ceux qui savaient les prédire. Menaçante, la voûte céleste gronda à nouveau, faisant accélérer encore un peu le pas de la silhouette drapée de noir.




Des tourbillons de neige avaient déjà commencé à se former lorsque la femme assassin poussa la porte d’une taverne au nom équivoque : « La dernière étape ». Impossible pour le reste de la soirée de pousser plus loin que ce taudis sans risquer d’abandonner un bras ou la vie à la folie de ce désert de glace. Cette perspective réjouissait peu la Meikyuu que le caractère ne rendait pas candidate à se satisfaire de la médiocrité d’un tel endroit. Pourtant elle devrait bien s’y faire. Mais, à peine entrée, et la chaleur d’un feu ronflant dans son âtre enveloppa néanmoins agréablement son corps. Elle leva alors le bras pour retirer le touareg noir dissimulant son visage, laissant une cascade de cheveux d’ébène aux légers reflets bleus dégringoler jusqu’aux creux de ses reins. Elle était vêtue d’une robe sombre descendant jusqu’à mi-cuisse et dont un côté était fendu, ainsi que des mitaines de la même teinte partant de son poignet jusqu’à son biceps. Le tout était agrémenté de légères dentelles blanches aux extrémités (comme sur l’avatar quoi xD). En deux ans, Kyouran’ n’avait rien perdu de sa beauté époustouflante (tu vois, j’y arrive moi aussi !), ni non plus de cette lueur d’arrogance brillant au fond de ses yeux envoûtants. Tous les hommes présents firent d’ailleurs glisser leur regard sur elle, mais ils les détournèrent rapidement en la reconnaissant. Ils savaient bien qu’il ne fallait pas jouer avec le chat sauvage, même lorsqu’il semblait dormir à poings fermés.

Rapidement cependant, l’attention de la jeune femme se porta sur une table légèrement en retrait où trois hommes se tenaient attablés. Les deux qui lui faisaient face arboraient sur leur front le bandeau de Suna ; c’était un long chemin depuis chez eux ! Mais ce n’est pas ce détail qui arracha un sourire amusé à l’assassin, plutôt la présence de la troisième personne.
D’une démarche fluide, elle slaloma entre les tables. Ignorant totalement les deux acolytes de la table qui la dévisageaient comme s’ils n’avaient jamais vu une femme, la main de Kyouran’ passa par-dessus l’épaule du troisième homme et vint délicatement stopper sa main alors qu’il s’apprêtait à prendre une gorgée de saké. Aussitôt, elle se pencha doucement en avant et vint lui murmurer au creux de l’oreille d’une voix à la fois douce et espiègle.


« Du saké en mission : est-ce vraiment raisonnable Yuura-sempaï ? » La voix insista très légèrement sur le suffixe, lui conférant une note ironique à peine déguisée. « Tu devrais plutôt apprendre à tes hommes à fermer la bouche, ils vont finir par gober une mouche. »

Et ne lui laissant pas le temps de réagir, elle guida la main de l’homme jusqu’à sa bouche, ses lèvres trempant dans le liquide alors qu’elle passait un peu plus sa tête par-dessus lui, ses cheveux glissant sur son visage et son épaule en une caresse parfumée.

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Yuura
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MessageSujet: Re: Un peu de chaleur...   Ven 31 Juil - 15:37

L'agréable parfum semblait se rapprocher, Yuura regarda ses aides de camps, ils restaient bouche bée, tels deux idiots. Yuura, avec le parfum et l'état de ses hommes, devina qu'une très jolie fille venait de faire son apparition. Le ninja allait porter le verre de saké à sa bouche, se promettant déjà de faire une remarque à ses hommes, ils étaient dans un autre pays, en mission diplomatique. Le Kazekage exigeait donc d'eux une conduite tout à fait irréprochable ! C'est ce qu'il attendait de ses ninjas, ne jamais se laisser pervertir, ni par le pouvoir, ni par l'argent, et encore moins par les femmes ! C'est là trois failles qui pouvaient faire sombrer n'importe quel ninja, Uchiwa Hisoka en était là par amour, un amour perdu, qui aujourd'hui, se répercutait dans une guerre d'ampleur mondiale ! Voilà la réalité. Mais inutile de penser à cela, un coup de saké, et une remontrance, et sa irait, seulement, lorsque le ninja du pays du vent voulu boire son verre, une main délicate s'interposa, par-dessus son épaule, et stoppa son geste sans agressivité. Il sentait plus que jamais le corps de la jeune femme se rapprocher dans son dos, jusqu'à ce que leur corps se touchent, il entendait son souffle léger dans son oreille, et sentait la chaleur de son corps, malgré le froid qu'elle venait d'affronter. Il était sûr maintenant, que ce parfum il le connaissait, tout comme il connaissait la fille qui lui murmurait à l'oreille. Elle lui susurra que la consommation de Saké n'était guère recommandée en mission. Et qu'il ferait mieux de contenir ses hommes. Le chef du village du sable eut un sourire, il n'eut besoin de ne rien dire, déjà, ses hommes avaient reprit une attitude convenable, ne parvenant cependant pas, ou très mal, à dissimuler leur gêne. Yuura demeurait inexpressif, il se contenta de dire…

'' Ton parfum délicat ne parvient pas à camoufler l'odeur du sang sur tes mains Kyouran… ''

Aucune colère, aucun amusement, juste une phrase, était-ce un reproche, ou un simple constat ? Difficile à dire, tellement Yuura restait calme, il déglutit, ses hommes avaient comprit que leur chef connaissait cette femme. Et le jeune leader craignait pour sa réputation de coureur qui n'était plus à faire à Suna, cela n'allait pas arranger les choses, surtout que là, c'était loin d'être la première fille venue. Kyouran était une fille qui intriguait Yuura. Il aimait maitriser les choses, et là, cette fille lui était inaccessible, dans le sens ou il ne connaissait pas ses buts, n'anticipait pas ses réactions, et ne pouvait prévoir ses actes. C'était déroutant pour un shinobi comme Yuura, qui arrivait à anticiper les coups des plus puissants shinobis, sans parvenir à deviner la moindre chose chez elles. Elle l'effrayait, mais elle l'attirait, il en avait peur, mais elle était si jolie, bref, son esprit était des plus méfiant à l'égard de la jeune femme. Qui parlait de conduite irréprochable ? Pas lui, pas possible XD. Et à peine avait elle approché ses mains délicate, que l'homme avait sentit l'odeur du sang qui y était adjointe (celui là place le !) Comme toujours, Kyouran était un paradoxe, belle mais dangereuse, délicate mais meurtrière… Le jeune garçon la laissa guider ses mains, et tremper ses lèvres dans son propre saké, Yuura se laissait faire, il se surprit à respirer son parfum en fermant les yeux, mais se rattrapa sitôt…

'' Excuse moi, que je puis être malpoli, Cela fait plus de deux ans que nous ne nous sommes pas vu, et je suis rustre dès ma première phrase, je t'en prie, joints toi à nous, tu auras même ton propre verre si tu veux… Messieurs, j'ai cru entendre un bruit suspect dehors, je crois qu'une patrouille s'impose non ? ''

Il regarda le premier homme dans les yeux, puis l'autre, sans dire d'avantage, le message semblait clair, en terme moins éloquents: Foutez-moi le camp ! Les deux hommes se levèrent sans rien dire, au pires ils se diraient que Yuura allait encore draguer, au mieux ils penseraient que cette entrevue n'avait pour but que de consolider les relations amicales entre Suna et Yuki, et que cette jeune femme était un haut dignitaire de ce village. Mais Yuura lui-même n'était pas sur de savoir ce que lui espérait dans cette entrevue, il savait seulement une chose, il devait être prudent, et ne pas la considérer comme une alliée, se serait une bien trop grosse erreur, surtout qu'elle savait se défendre, et pas seulement çà, Yuura avait encore une cicatrice de griffure à l'épaule droite, va savoir pourquoi ? La porte se referma derrière les hommes, et Yuura prit une mine plus décontractée, en fait il avait une image à donner, et quand ces hommes n'étaient pas là, il pouvait respirer un peu. Kyouran n'était pas sans ignorer qu'il était un ninja d'exception, elle ignorait cependant quel grade il occupait réellement. Elle devait à présent avoir comprit qu'il occupait une place prépondérante dans la hiérarchie sunaienne. La manière qu'il avait de donner des ordres montrait qu'il avait une grande expérience du commandement, mais bien sûr, à moins de le savoir, comment deviner qu'il était en fait le septième Kazekage ? Yuura la regarda s'assoir, puis entama la discussion, d'un ton très poli, très courtois, et très conventionnel, au point d'être impersonnel…

'' Cà fait un moment que je ne t'avais pas vu, je ne m'attendais pas du tout à te voir aujourd'hui. Je vois que tu continues certaines…Choses ! Mais bon, le contexte nous oblige tous à revoir certaine de nos positions. J'ai beaucoup changé depuis la dernière fois… que nous nous sommes vus. J'imagine que toi aussi tu as changé non ? ''

Une conversation très gentillette, dépourvue de substance, Yuura restait trop méfiant pour aller plus dans les idées, ou lancer un débat qui soit plus discutable. Il se contentait de balancer quelques banalités. Histoire de voir un peu si Kyouran avait changée. Il faut dire que leur dernière entrevue avait été très étrange. Très violente au début, Kyouran l'avait littéralement allumée ensuite ! Il la regarda sans la dévisager, attendant qu'elle parle.

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MessageSujet: Re: Un peu de chaleur...   Sam 1 Aoû - 15:58

« Pas plus que le remord n'efface celui des tiennes. Comment va le charnier humain par chez toi ? »

L'alcool glissa le long de sa gorge en y répandent sa chaleur agréable. Pourtant, ce sont des mots de glace qui franchirent les lèvres de la jeune femme qu'un sourire paradoxal continuait d'étirer. Sa question n'en était pas une, elle n'invitait pas véritablement son interlocuteur à y répondre, elle n'était qu'un coup de couteau gratuit infligé à son humanité. Kyouran' n'avait pas changé, elle avait toujours cette capacité à systématiquement touché de ses paroles acides le point sensible qui blesserait le mieux celui qui cherchait à l'atteindre. Il faut dire que l'homme avait bien mérité ce juste retour à l'envoyeur ! Il était assez osé et déplacé de sa part de se permettre ce genre de remarque lorsque son propre pays causait la mort et la désolation depuis deux longues années à travers le monde entier. L'assassin n'avait pas mâcher ses mots, ce n'était pas dans son habitude, mais elle commençait à se lasser d'être à demi-mots taxer d'inhumanité par un paquet d'hypocrites. De leur côté, les deux larbins ne savaient plus où se mettre. Ils avaient bien refermé leur bouche mais leur regard fuyant ne sachant pas quel parti adopté entre la honte et la colère suggérait un malaise profond. Satisfaite de l'effet produit, Kyouran' se redressa avec un bref soupire amusé, ne manquant pas d'effleurer la joue de Yuura du bout de ses doigts fins avant de le contourner. En quelques pas, elle passa de l'autre côté de la table, faisant finalement face à celui qui avait été son amant le temps d'une nuit étrange, partagée entre douceur et ardeur.

Il n'avait pas changé... Physiquement tout du moins. Et ses paroles suggéraient qu'il en allait de même psychologiquement parlant. A l'époque déjà il dissimulait ses véritables pensées et ses désirs sous le couvercle de principes stupides. Comme s'il était sincèrement désolé de lui avoir balancé au visage l'une de ses quatre vérités ! Cette attention inutile qu'il eut à son égard arracha un éclat de rire à la jeune femme qui du lever une main devant sa bouche pour étouffer sa réaction. Il aurait du savoir qu'elle n'était pas du genre à prendre la mouche pour un excès de sincérité. Sauf lorsqu'elle décidait d'être plus lunatique que les vents, mais c'était une autre histoire, aujourd'hui la jeune femme était plutôt stable. Et au moins, Yuura eut une idée intelligente en renvoyant ses accompagnateurs. Ils ne se firent pas prier pour quitter la table d'ailleurs, accueillant presque l'excuse de la patrouille avec un soupire de soulagement. Kyouran' en profita alors pour occuper la place de l'un d'eux, à l'opposé exact de son interlocuteur. Qu'allait donner cette entrevue en tête à tête après presque trois ans d'absence ? Elle ne le savait pas plus que lui, la seule différence résidant dans le fait qu'elle se fichait bien de cette ignorance tandis que lui en était presque effrayé. Contrairement à lui, elle ne prévoyait pas, n'avait pas ce besoin irrationnel pour se sentir maîtresse de la situation. C'était cette confiance à toute épreuve qui la rendait à quelques égards si intimidante. Était-ce cela qui rendait Yuura si solennelle ? Kyouran' ne pu empêcher ses sourcils de se froncer légèrement en entendant ce ton si impersonnel adjoint (hé, hé) à des paroles si plates. Se payait-il sa tête ?! Comme si ce genre de discussion bateau ne menant nul part pouvait l'intéresser de quelque manière que ce soit !

Malgré l'irritation qui germa dans son esprit, l'assassin ne se départi pas de l'esquisse de sourire touchant ses lèvres. Une nouvelle lueur étrange avait cependant prit possession de son regard. Alors que Yuura avait fini de parler, elle prit tout son temps pour se pencher en avant, posant ses coudes sur le plat de la table et croisant ses doigts. C'est seulement alors qu'elle se décida à reprendre la parole d'une voix calme, un peu trop calme même.


« Vraiment ? Et quelle sorte de choses est-ce donc que je pratique encore ? »

Sans crier gare, et avant que Yuura ait le temps d'entrouvrir la bouche, le genoux de la jeune femme se dressa vers le haut, permettant à son pied de venir se loger sans douceur dans l'aine de son interlocuteur. Le talon de sa chaussure ne devait pas être très agréable, même lorsqu'elle lui fit faire quelques lents petits tours entre ses jambes pour flatter ce que tout homme aime d'ordinaire qu'on lui flatte (à méditer xD).

« Pas celles-ci à en juger par ta tête. » Avec un sourire mesquin, Kyouran' laissa retomber sa jambe à une place plus décente, c'est à dire sous sa propre chaise.
« N'essaie pas de chercher à me tester, Yuura. Et si l'on pouvait s'éviter les conneries comme « tu n'as pas changé du tout, et qu'est-ce que tu deviens » ça m'arrangerait, je ne suis pas une grande fan de ce genre de conversation stérile. Je n'ai pas besoin de l'entendre de ta bouche pour deviner que les horreurs de la guerre ont transformé un homme aussi droit que toi. Mais peut-être qu'il aurait fallu y réfléchir avant de mettre un pied dans le bourbier. »

Encore une fois, la jeune femme n'épargnait pas à son ancien amant l'acidité de son venin...

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MessageSujet: Re: Un peu de chaleur...   Mar 11 Aoû - 19:02

Kyouran n’avait malheureusement que trop peu changée, elle n’avait pas muri depuis leur dernière rencontre, Yuura était forcé de la reconnaitre, cette fille n’avait rien apprit en deux ans, c’était dommage, les gens qui jouent un rôle comme elle le faisait était des gens capables de raisonner et d’évoluer, Yuura s’était trompé, il lisait en elle finalement comme dans un livre, le mythe s’effleurait à chaque mot qu’elle prononçait. Ses paroles, et ses réactions n’étaient pas si imprévisibles finalement, et comme la dernière fois, elle joua sur deux terrains, celui de la séduction physique, et celui de l’éloignement moral. Yuura ne put s’empêcher de sourire à cette pensée, cela devait ne pas échapper à Kyouran. Comme elle si attendait, il était resté réservé à sa provocation du pied, lui aussi pouvait être prévisible. C’était normal, il marchait droit après tout, il était important pour lui de donner une image rassurante. Il fit le choix de ne pas répondre aux deus première remarques de Kyouran, et la laissa terminer sur une note négative. Il la fixa, et pendant un blanc qui dura presque une minute entière, il se servit un verre de saké chaud sans la regarder, avant de le boire, toujours sans croiser son regard. Il parla d’une voix tranquille, un léger rictus sur son visage.

‘’ Tes réflexions valent bien celles que l’on peut entendre au comptoir. C’est navrant petite. Evidement que j’ai réfléchit avant d’entrer en guerre, pour des raisons qui te seraient incompréhensibles, vu ta ‘haute’ expérience des choses du monde. C’est tellement rassurant de critiquer et de suivre les autres, pas vrai ? Je ne me plains pas, j’ai changé comme tu le soulignais si bien, je ne veux pas marcher à côté du chemin que prend ce monde ‘’

Yuura ponctua en levant son œil visible sur le visage de Kyouran. Ses paroles étaient dure, mais il avait apprit à bouter en touche ces gens qui parlent beaucoup des autres, qui savent tout, qui jugent tout, qui sont les grands penseurs de ce monde, mais qui n’agissent jamais, qui sont incapable de prendre une décision qui implique plus que leur propre personne. L’homme n’était pas en colère après toi, il te considérait comme faible, et par conséquent, comme une victime. Mais il n’allait pas te plaindre non plus, personne ne t’obligeait à être ce que tu étais. Lentement, il porta sa main à sa poche droite, et sortit un petit paquet de cigarette, qu’il mit à l’envers, ouverture vers le bas. Il le tapota contre la table, et en extirpa une cigarette qu’il mit dans sa bouche. De son autre main, il sortit un briquet argenté de sa poche gauche, et entreprit d’allumer la cigarette, en protégeant la flamme de sa main disponible. Elle commença à se consumer, le chef de village aspira une bouffée, qui immédiatement, l’apaisa. Pendant ce temps, il n’avait pas lâché Kyouran du regard, et ne pouvait s’empêcher de constater combien elle était attirante, il sentait l’appel de son propre corps, qui le poussait à stopper cette manière qu’il avait d’être si froid avec elle. Tout en lui, réclamait une autre approche, mais Yuura arrivait à maintenir ce frêle équilibre en restant très calme, étrangement froid. Il aspira de nouveau une bouffée, qu’il souffla lentement au visage de Kyouran, pour la provoquer, dans quel sens, afin d’obtenir quelle réaction ? Lui-même était bien incapable de le dire, mais c’était comme çà, avec Kyouran, il fallait que ce fut violent, ou que cela ne fut pas ! Leur relation étrange tournait autour de la provocation mutuelle, en un jeu étrange, pour savoir lequel des deux s’imposerait dans ce duel psychologique. Il voulait cependant s’amuser un peu aussi…

‘’ Je préférais quand même ma dernière rencontre avec toi, c’était nettement mieux… C’est vrai, il n’y a pas de musique ici, c’est triste…’’

Un gros sous entendu Yuura s’amusait, il se disait que Kyouran apprécierait mal ceci, alors qu’il venait de lui expliquer qu’elle était une gamine sans expérience et sans personnalité un instant plus tôt. Yuura ponctua par un petit sourire, et se pencha en arrière sur sa chaise en bois, portant sa main à la poche, il tira de cette dernière un paquet de cigarette, il était souple, blanc avec un cercle rouge. Il la tapota, et une cigarette s’éleva, il l’attrapa du bout des lèvres, et de son autre main, sortit un briquet d’argent, qu’il alluma pour consumer la cigarette. Il releva le regard vers elle affichant un air tout ce qu’il y a de plus naif, elle devait bien avoir comprit que la musique était loin d’être ce qui lui manquait le plus. Il souffla la fumée dans sa direction…

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MessageSujet: Re: Un peu de chaleur...   Mar 29 Sep - 11:39

Elle le fusilla du regard lorsqu’il osa la comparer à la plèbe décevante qui traînait au comptoir. C’était absurde et insultant ! Un simple coup d’œil aux ivrognes qui y siégeaient suffisait à révéler la supercherie dont l’homme du désert se parait d’arrogance. Tout, de la coupelle d’alcool de riz chancelant à leur main à leurs rires gras si campagnards, était sal, vulgaire et répugnant. Rien à voir avec elle ! Et si cette observation ne tenait qu’à leur apparence respective, c’est sans crainte qu’elle aurait mis sa main à couper en pariant qu’ils étaient loin d’avoir le même QI. Ce Yuura était toujours aussi prétentieux… Il se croyait mieux que tout le monde et pensait détenir la vérité absolue entre ses mains. Mais il se trompait ! Il était comme les autres, comme tous sur cette terre : une vermine qui grouillait lamentablement en attendant de se faire écraser et de disparaître pour toujours. Peu importe les exploits et les bravoures accomplies, on finissait tous en souvenirs qui s’effritent puis périssent. Du haut de son ego d’homme, il croyait qu’elle l’avait jugé alors que c’était faux, mais lui ne se gênait pas pour le faire de la manière la plus abaissante qui soit. Les mots pouvaient blesser – elle le savait, elle qui en usait comme d’une arme contre ses adversaires – mais elle ne supportait pas qu’ils se retournent contre elle. Elle avait trop d’estime de soi pour cela, et avait tendance à jouer du moment que cela lui profitait. Au moindre retournement de situation, elle pouvait très mal le prendre, comme une mauvaise perdante malheureuse aux jeux d’argent.

Yuura… Rien que de se remémorer ce nom lui donnait des frissons. Mais ils n’avaient rien à voir avec une affection débordante ou une tension sexuelle palpable. En cet instant, elle le haïssait si fort que, sans s’en rendre compte, elle laissa la noirceur de son aura se répandre dans la pièce comme un poison. Rapidement, l’atmosphère devint extrêmement lourde et menaçante, le brouhaha convivial des rires et des conversations fut souffler comme la flamme d’une bougie par un courant d’air. Les clients et le personnel de l’auberge compris se figèrent tous sur place tandis qu’une peur sans nom les envahissait, les paralysait dans un cocon de cauchemars emballant leur cœur. Ils n’étaient que de simples civils que la pression psychologique instaurée par la seule présence d’un assassin de Yuki pouvait tuer d’une crise cardiaque s’ils y étaient soumis trop longtemps. En tant que shinobi de rang supérieur, Yuura ne serait pas aussi touché mais, lui non plus, ne pourrait pas ignorer le changement d’atmosphère drastique. De son côté, Kyouran’ n’avait même pas remarqué l’effet qu’elle avait provoqué en laissant sa colère s’extérioriser. Inconsciemment, elle ne pouvait contenir sa rage mais son visage était aussi impassible et glaciale que d’ordinaire. Alors que son interlocuteur lui soufflait la fumée de sa deuxième cigarette au visage, elle ne cilla pas, sa magnifique figure restant de marbre face à la provocation ; on aurait dit la statue d’une déesse si belle et si froide à la fois, inaccessible dans son éternité figée. Le calme avant la tempête ?




La porte de l’auberge s’ouvrit à la volée, allant frapper violemment contre le mur alors que les deux hommes du Kazekage se précipitaient à l’intérieur, à moitié repliés sur eux-mêmes et se protégeant le visage de leur cape. Ce n’est pas la forte tension meurtrière causée par la jeune femme qui les avait fait revenir en urgence, mais la puissante tempête qui s’était levée dehors. A travers l’ouverture de la porte, on pouvait voir un véritable blizzard se déchaîner avec fureur ; le vent sibérien mugissait avec force et s’engouffra dans l’auberge en emportant avec lui quelques tourbillons de neige qui s’écrasèrent au sol à l’entrée. S’en se rendre compte du silence de mort qui régnait sur les lieux – ils avaient d’autres chats à fouetter pour le moment – les deux shinobis du sable joignirent leur force pour essayer de refermer la porte de bois derrière eux mais la tâche n’était pas aisée, la tempête donnant tout ce qu’elle avait pour s’opposer à eux. Tout cela pouvait paraître anodin, et même sujet à plaisanterie, mais une personne ici, à l’esprit fragile et délicat, n’allait pas apprécier ce brusque remue-ménage.

Lorsque le premier courant d’air vint faire chuter la température de la salle, Kyouran’ relâcha son attention de son interlocuteur pour observer la scène. Diriger son regard vers la source de la perturbation était un réflexe comme un autre, mais celui-ci aurait des conséquences qu’elle n’avait pas soupçonné. A peine ses yeux s’étaient-ils posés sur l’extérieur, sur ces tourbillons de neige virevoltant dans tous les sens tels des ballerines sans chorégraphe, qu’un violent mal de crâne l’assaillit. La douleur était telle qu’elle cru une seconde qu’elle était morte, que sa tête s’était fendue en deux. C’était horrible, insupportable ! Et le vent qui ne cessait de gémir comme s’il était prisonnier de son crâne ! Avec un spasme, la jeune femme ramena ses bras à la hauteur de son visage pour venir agripper furieusement ses tempes de ses mains. Dans son mouvement maladroit, elle renversa l’une des chopes présentes sur la table, qui alla se briser au sol dans un bruit aigu. C’était comme si les débris de verre s’étaient plantés dans le cerveau de la jeune femme qui poussa alors un cri de douleur tout en secouant sa tête de droite à gauche. Que ça s’arrête ! Que la douleur s’arrête ! Dans son délire, la vision de l’auberge se fit moins nette et des images qui n’avaient rien à voir venaient se superposer à celles de la pièce commune. C’était une immense plaine glacée. A perte de vue, de la neige, de la neige, et encore de la neige. C’était si blanc, même le ciel était blanc, que ça blessait les yeux, que ça en faisait mal tellement ça brillait. Et il y avait une silhouette qui marchait dans ce désert blanc, une petite silhouette qui chancelait à chacun de ses pas. Parfois elle tombait, puis se relevait péniblement pour continuer. Quelques mètres plus loin, elle tombait encore, et encore, laissant dans son sillage une traînée de sang rouge écarlate.


« Mademoiselle vous allez bien ?! »

Kyouran’ parvint à entrouvrir les yeux, apercevant à travers les spasmes de douleur qui l’aveuglaient un homme qui s’était penchée au-dessus d’elle. Apparemment, elle avait glissé de sa chaise et se tordait maintenant au sol comme une bête blessée. Qu’il ne l’approche pas ! C’est la seule pensée à peu près cohérente qu’elle réussi à avoir alors qu’elle se débattait comme une forcené pour ne pas sombrer dans les méandres de la psychose. Qu’il la laisse tranquille ! Qu’il ne la touche pas, surtout pas ! Alors que l’homme tendait la main pour attraper celle de Kyouran’, des bras semblèrent pousser du poteau qui se trouvait derrière lui, deux bras qui le saisirent par la gorge pour le ramener en arrière tout en essayant de l’étrangler. Face à ce phénomène étrange, plusieurs clients eurent des cris de surprise mais la plupart d’entre eux étaient tellement absorbés et choqués par la crise de la jeune femme qu’ils ne relevèrent même pas la tête.
Que s’étaient-ils passé ? Tout allait pour le mieux quelques instant à peine auparavant. L’alcool réchauffait les gorges, les rires réchauffaient les cœurs, puis ils avaient tous cru qu’ils allaient mourir de peur et soudain, cette sensation avait disparu aussi vite qu’elle était venue lorsque la porte s’était ouverte, mais cette femme c’était mise à hurler en se tenant le crâne comme si elle était en train de mourir…

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Yuura
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MessageSujet: Re: Un peu de chaleur...   Ven 6 Nov - 20:00

La jeune femme ne sembla pas du tout apprécier ses remarques, Yuura avait de vilaine manie dont il était conscient, il avait une fâcheuse tendance à être très professoral, et à faire la leçon. Il le savait, mais pour le coup il en jouait, Kyouran était quelqu’un qui prenait vite la mouche. C’était cette femme, elle l’attirait comme elle le dégoutait, il existait entre eux un lien étrange, que le ninja ne réussissait pas à qualifier. Il savait qu’il n’hésiterait pas à la tuer s’il le devait, mais d’un autre côté, il la désirait, c’était une femme fatale, capable de bien des prodiges, il le savait bien… (Si vous cherchez par là un sous entendu, vous avez bien raison ^^) Elle était fière, Yuura ne douterait pas que ses paroles lui vaudrait la haine de la Kunoichi qui lui faisait face. D’ailleurs l’atmosphère changea, elle se fit plus tendue, les gens tout autour de lui l’avaient bien remarqué, les conversations s’interrompirent, Yuura ressentit une perturbation, mais Kyouran, malgré la noirceur de son âme, n’était encore rien. Son niveau ne faisait pas d’elle quelqu’un de dangereux pour un génie comme le septième Kazekage. Surtout en prenant en compte que Yuura vivait avec en lui un Bijuu, Cette démonstration inutile ne pouvait que lui arracher un sourire, seul les faibles ont besoin sans cesse d’étaler leurs puissance, les gens forts n’ont pas besoins de tels artifices, ils le sont un point c’est tout. Elle restait frigide comme une religieuse quand Yuura lui souffla sa fumée par provocation au visage, qu’allait-elle faire ? Elle ne pouvait pas le frapper, il esquiverait, et elle le savait, mais son corps entier semblait vouloir détruire le ninja en ce moment. Rompant cette atmosphère pesante, la porte grinça en s’ouvrant, les deux ninjas de Suna rentraient à l’intérieur, ils semblaient frigorifiés, une véritable tempête se déchainait au dehors, Yuura se retourna pour regarder ce déluge de neige, tournant le dos à Kyouran. Ils eurent du mal à refermer la porte, mais un bruit de verre brisé fit sursauter Yuura. Kyouran se tenait la tête, prit apparemment d’une très violente douleur. Elle poussa alors un cri, plein de démence…

* Qu’est-ce que … *



Elle venait de s’écrouler au sol, et se convulsait, elle était apparemment prise d’une douleur atroce. Yuura ne bougeait pas de sa chaise, il regardait la scène interloqué, c’était la première fois qu’il se retrouvait face à une telle situation. Et pour le coup çà c’était flippant. Un homme s’approcha d’elle, soudain, deux mains l’agrippèrent au cou, et commencèrent une frénétique strangulation par derrière. C’était un jutsu probablement déclenché involontairement par Kyouran, qui ne semblait pas en mesure de planifier quoi que ce soit dans la position qu’elle occupait. Yuura se leva brusquement, et tout en composant, il lança alors un jutsu, en réaction immédiate à celui de la jeune demoiselle. Deux immenses serpents sortirent de ses manches, le premier parti s’enrouler autour de l’homme, et l’extirpa par la force de l’enlacement des seconds bras de la fille des neiges. Le second souleva Kyouran après s’être enroulé autour d’elle. Elle ne touchait plus le sol. Les clients du bar n’osaient pas bouger, Le serpent se mit à l’enserrer, plus fort, toujours plus fort, jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Yuura s’arrangea pour déposer son corps inanimé sur le sol. C’était terminé, il n’y avait plus de danger. Il relâcha également son étreinte sur l’homme. Il pesta contre Kyouran, et se releva avec un kunai à la main, il avait perdu sa dignité, il voulait légitimement la reprendre en lavant l’affront. Yuura le fixa d’un air de dissuasion, mais l’homme ne s’arrêta pas. Ce fut un de ses amis qui l’arrêta, l’enserrant des deux mains. L’autre ne voulait rien entendre, mais son ami lui désigna une affiche au mur. C’était une affiche avec le visage de Yuura, assortit d’une description et d’une prime. Le montant de la prime était tel qu’il signifiait : ‘’ Si tu ne fais pas partie des 10 meilleurs ninjas de cette planète, n’y pense même pas ‘’ Le type se calma immédiatement, la perspective d’une mort assurer lui fit ravaler sa fierté. Yuura prit le corps inanimé de Kyouran dans ses bras, et commença à monter l’escalier qui menait aux chambres de l’étage, ses hommes fermaient la marche.

A ton réveil, tu te trouvais confortablement installé dans un lit bien chaud, un feu de cheminée brulottait dans un espèce de vieux fourneau. Sur ton front, une tissu imbibée d’eau fraiche, tu avais eut de fortes fièvres. Sur une chaise ta robe reposait avec tes mitaines, tu étais en sous vêtements dans le lit. Yuura regardait la tempête se profiler par une petite fenêtre en verre, il était de dos, et seul dans la pièce. Il se retourna, et posa son regard sur toi, de lui émanait une sensation de calme, de sérénité, et de force, qu’il était rare de rencontrer. N’importe qui se serait sentit rassuré, mais toi c’était moins sur. Il se rapprocha avec un sourire crispé, tu pouvais pressentir qu’il avait été inquiet pour toi, même si par orgueil il n’en laissait rien paraitre. Il te regarda, et prit la parole d’une voix tout aussi calme que lui.

‘’ Tu es enfin réveillée, cela fait deux heures que tu dormais d’un sommeil agité. Tu nous as fait une sorte de crise, c’étais plutôt étrange, j’ai du te neutraliser, tu aurais pu tuer quelqu’un. Je me suis permis de t’ôter une partie de tes vêtements, j’espère que tu ne m’en veux pas trop Kyouran… ‘’

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MessageSujet: Re: Un peu de chaleur...   Dim 15 Nov - 17:33

Du sang. Un corps décharné, celui d’un chat famélique. Le dong grave d’une horloge dont les aiguilles frappent la nouvelle heure. Le squelette d’un oiseau blanchi par le soleil. Dehors, un ciel dessiné à l’encre de chine. Du sang. Une robe à fleurs piétinée à l’écart d’un sentier serpentant dans les bois. La cloche d’un temple carillonne. Une odeur âpre de renfermé. Une petite fille qui pleure en silence, recroquevillée sur sa couchette. Du sang. Un tas d’immondices, déjections nauséabondes de la ville qui s’amoncèlent dans une rue noire. Un cri solitaire qui déchire la nuit, celui d’un nouveau-né sans avenir. Du sang. Du sang jaillissant de la gorge d’un porc. Quatre murs, aucune fenêtre, aucune porte. Un bruit d’ailes battues au vent. Le sang grimpe, grimpe, grimpe vers le plafond. Odeurs de nausées, de haut-le-cœur, et de mort. Les ongles de la petite fille qui s’écorchent contre le béton. Le sang qui pénètre dans sa gorge, ses poumons qui se serrent. De l’air ! Ce cri muet devint l’unique pensée qui martelait le crâne de la jeune femme entre deux éclairs de douleur aveuglants. Ratatinée au sol, elle s’était mise à suffoquer et s’agrippait la gorge comme si des mains invisibles l’étranglaient sans pitié. C’était un spectacle effrayant à voir, et en même temps si fascinant que personne n’arrivait à détourner son regard de ce corps délicat torturé par les spasmes d’une folie violente. L’adulte au regard et à la morgue si glaciales semblait être redevenue l’enfant qui tremble devant le monstre caché sous son lit, devant ces ombres chancelantes tout droit sorties de ses cauchemars pour l'effrayer. L’incohérence de la situation, et la soudaineté avec laquelle elle avait éclaté, avait laissé la clientèle de l’auberge sans réaction ; il fallut attendre qu’un homme soit au bord de l’apoplexie pour que le Kazekage parvienne à s’extirper de sa stupéfaction, qu’il se dresse sur ses jambes et réagisse. Deux femmes échappèrent un cri partagé entre l’effroi et le dégoût lorsque deux gros serpents glissèrent de ses manches pour ramper vers le tavernier et la fille des neiges. Rendue insensible à toute autre sensation que la douleur lui fendant le crâne, Kyouran’ ne sentit même pas le froid des écailles s’enrouler autour d’elle, ni la pression lui enserrer les côtes jusqu’à l’empêcher véritablement de reprendre sa respiration. Les flashs devinrent alors de plus en plus désordonnés et fugitifs, comme la bande incomplète d’un film ne cessant de tressauter. Et puis plus rien. Les ténèbres avalèrent la dernière vision, celle d’une petite fille sans visage qui tendait la main vers un miroir sans teint ne renvoyant aucun reflet. Elle le sut alors, dans un éclair de lucidité avant que tout ne s’éteigne : elle était morte.

Ses yeux s’ouvrirent difficilement, ils étaient lourds de fatigue, elle les garda ouverts une seconde ou deux seulement avant de battre mollement des paupières. Cela ne faisait pas grande différence : tout autour d’elle n’était que formes indistinctes et couleurs barbouillées, un grand flou artistique qui la faisait se sentir nauséeuse comme si la surface sur laquelle elle était allongée ne cessait de vaciller d’un côté puis de l’autre. Les yeux clos, elle inspira profondément, appréciant le bien-être dans lequel elle était plongée, la douce tiédeur l’enveloppant, le tissu humide posé sur son front, ainsi que la torpeur de son corps vidé de ses forces. Elle se sentait esprit plus que chair, elle se sentait libérée d’une souffrance dont elle ne parvenait pourtant pas à se rappeler. Plus elle essayait de retenir ses souvenirs, plus ils lui filaient ente les doigts. Où était-elle ? Comment était-elle arrivée jusque là ? Ces questions lui semblaient trop lointaines, dénudées d’importance, pour s’en préoccuper. Dans une deuxième tentative, elle rouvrit les yeux et sa vision s’adapta lentement cette fois-ci, des lignes précises et nettes reformant les contours, les frontières d’un objet à un autre. Elle se trouvait dans une chambre, allongé sous la couette épaisse d’un lit, son regard faisant face à un plafond couleur crème avec des poutres apparentes. Elle laissa sa tête pencher sur le côté et vit un homme qui, debout près d’une fenêtre, observait les tourbillons de neige qui se déchaînaient à l’extérieur. Il y avait quelque chose d’apaisant dans cette silhouette sereine qui restait immobile, il lui donnait l’impression de contempler un tableau sans prétention. Puis, comme s’il avait senti son regard effleurer son épaule, l’homme se retourna et plongea ses yeux dans les siens. Aussitôt, une lueur éclaira son visage et il s’approcha ; il avait l’air à la fois soulagé et inquiet lorsqu’il prit la parole de sa voix grave et calme.

Kyouran’ n’enregistrait pas les informations qu’il lui donnait, elle les entendait clairement mais elles ne s’accrochaient pas à sa conscience, elles ne faisaient que la toucher très fugitivement avant de continuer leur chemin ailleurs. Elle était presque nue ? Elle avait eu de la fièvre ? Comment cela pouvait-il avoir une quelconque importance ? Pour transmettre son ennuie à cet homme qui se tenait près d’elle, elle fronça légèrement les sourcils et grommela quelque chose qui n’avait pas l’ambition d’avoir du sens. Soudain, animée d’une vivacité étonnante qui contrastait avec l’état semi-comateux dans lequel elle se trouvait une seconde auparavant, elle attrapa sa main et la tira de toutes ses forces vers elle, faisant tomber l’homme à la renverse dans le lit. Ne le lâchant pas, elle roula avec lui et se retrouva allongé dessus, les genoux remontés de part et d’autre de son bassin. Elle ne lui laissa pas le temps de réfléchir à ce qui venait de se passer, ni celui de poser la moindre question, scellant sa bouche de la sienne, collant ses lèvres contre cette chair rouge et pulpeuse si attirante. C’était un baiser fougueux, passionné, qui ne semblait pas vouloir cesser. Elle l’embrassait comme si elle voulait le dévorer, lui faire oublier tout le reste si ce n’est elle et son corps, ce corps si désirable à la peau si blanche pressé contre le sien. L’un de ses mains glissa le long des côtes de l’homme, elle suivait un chemin dégringolant son corps comme lors d’une initiation, d’une découverte de l’autre. Elle descendit ainsi jusqu’à sa cuisse qu’elle palpa un instant avant que ses doigts ne rencontrent le cuir de son étui. Ils s’y glissèrent alors, rencontrant le froid métallique des armes qui y étaient entreposées. Comment prédire ce qui allait suivre alors que la princesse des neiges n’avait pas cessé une seconde de combler le désir boulimique qui l’animait ? De sa main libre, elle avait même commencé à délester l’homme de sa chemise lorsqu’elle se redressa brusquement, débranchant le jus de la passion qu’elle avait provoqué. Aussi vif soit-il, le Kazekage n’eut que le temps d’apercevoir un éclat argenté avant qu’un jet de sang ne lui gicle au visage. Kyouran’ venait de s’ouvrir les veines tout le long de l’avant bras. Avec la même indifférence cruelle, elle dirigea le tranchant de la lame vers sa gorge.

Elle ne pouvait penser qu’à une seule chose : combien de litres de sang lui faudrait-il pour noyer cette pièce ?

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